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Comment affûter votre prise de parole avec une bonne proposition ?

Construire son discours autour d’une proposition claire permet d’en renforcer l’efficacité

Un des bénéfices de ma longue expérience en tant que Toastmaster est d’avoir écouté près de 600 discours. Au fil du temps, j’ai constaté qu’une des erreurs les plus funestes que commettent même les orateurs chevronnés est de ne pas structurer leur prise de parole autour d’une proposition[1]. Dans ce billet, nous allons expliquer ce qu’est une proposition, à quoi elle sert et comment l’élaborer.

Qu’est-ce que la proposition d’un discours ?

Une proposition est une affirmation que l’on peut défendre, illustrer ou prouver et sur laquelle on peut argumenter. Voici quelques exemples :

  • Un homme politique: « Ce plan de relance va accroître le pouvoir d’achat de la classe moyenne ».
  • Un chef d’entreprise : « Cet investissement dans la recherche va permettre à notre entreprise de rester compétitive ».
  • Un commercial : « Ce produit va améliorer votre rentabilité ».
  • Enfin, pour une mère de famille : « Epargner maintenant te permettra d’acheter un appartement plus grand »

La proposition est la colonne vertébrale d’un discours. Sans elle, le discours est mou, sans consistance et offre finalement peu de valeur à l’auditoire. Avec une proposition claire, l’orateur présente à son public une idée que ce dernier pourra digérer, garder en mémoire et, même, en tirer bénéfice. Elle renforce la cohérence du discours et le rend plus facile à mémoriser également pour l’orateur.

Les trois tests d’une bonne proposition

Le coach de parole en public Joel Schwartzberg explique dans son livre “Get to the Point” comment formuler concrètement une bonne proposition. Elle doit satisfaire trois tests.

Tout d’abord, elle doit être une proposition au sens grammatical, c’est-à-dire comporter un sujet un verbe et un complément Ainsi “le rôle de la Révolution Française dans l’émergence de la démocratie” n’est pas une proposition, puisqu’il lui manque un verbe. En revanche “la Révolution Française a joué un rôle déterminant dans l’émergence de la démocratie dans ce pays” est une proposition grammaticalement correcte.

Ensuite, la proposition ne doit être ni une évidence, ni une banalité. Si on ne peut pas soutenir la proposition inverse, alors c’est probablement une évidence. Si on ne peut pas consacrer plus d’une minute pour la défendre, il s’agit sans doute d’une banalité. Ainsi, la proposition “La paix dans le monde est une bonne chose” est une banalité, tandis que “Les Nations Unies jouent un rôle crucial pour préserver la paix dans le monde” va permettre d’élaborer en répondant à des questions comme : quelles sont les missions des Nations Unies ? ou bien quelles sont les guerres où elles ont joué un rôle ?

Même si une proposition a passé avec succès les deux tests précédents, elle restera pauvre, si elle comporte des mots faibles, peu évocateurs, comme “important”, “bien”, “super”, “génial”, etc. Pour la renforcer, se poser la question “Pourquoi ?” est utile. Par exemple, la proposition “Recruter un manager de communautés de réseau social est important” est faible. Pourquoi est-ce important de recruter un tel manager ? Parce qu’il peut aider à créer un buzz positif autour de la marque. L’idéal est encore d’éviter totalement les adjectifs.

Pour aller plus loin

En conclusion, la prochaine fois que vous prendrez la parole pour exprimer une idée, ne vous contentez plus de la décrire ou de la discuter. Adoptez un point de vue, marquez un point et musclez votre parole par une bonne proposition.

Envie d’écouter des discours avec de bonnes propositions ? Venez donc nous rendre visite ici.

[1] Proposition est la traduction du mot anglais “point”

 

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