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Je suis glossophobe, mais je me soigne

Sous le nom barbare de glossophobie se cache une maladie très courante : la peur de parler en public. Ne pas la soigner risque de vous handicaper sur le plan personnel comme professionnel.

La peur de parler en public est extrêmement répandue dans la population. Selon des études épidémiologiques1T. Furmark. Social phobia: overview of community surveys. effectuées aux Etats-Unis, au Canada et en Suède, 25% à 30% de la population considère que parler en public est leur plus grande peur. Elle touche davantage les plus jeunes, puisque d’après une enquête réalisée auprès d’étudiants américains2K. Dwyer & M. Davidson. Is public speaking really more feared than death?, plus de 60% d’entre eux appréhendent de parler en public et, pour près d’un sur cinq, c’est même leur plus grande terreur, pire que la mort…

Les conséquences de cette peur peuvent être très douloureuses. Ainsi, pour 3 à 5% de la population, elle confine à la phobie sociale avec son cortège de souffrances, avec, d’ailleurs, une plus grande fréquence chez les femmes.

Même sans aller jusqu’à ces cas extrêmes, il a été montré que la peur de communiquer retentit sur le choix d’un métier. John Daly, professeur à l’université d’Austin, explique3John Daly. Occupational desirability and choice as a function of communication apprehension que les personnes qui ont peur de communiquer se détournent des professions demandant des aptitudes à la communication comme celles d’avocat, de commercial ou de professeur. Ils s’orientent alors vers des métiers demandant moins de communication comme informaticien ou comptable. Devinez quoi ? Ces professions sont moins bien payées, à qualification équivalente.

De son côté, James McCroskey, de l’Université du Missouri, estime4James McCroskey. Communication apprehension: What have we learned in the last four decades que ces personnes anxieuses éprouvent moins de satisfaction dans leur travail, changent plus souvent d’employeur, ont moins d’influence sur les autres et sont moins appréciés sur le plan social. Et – est-ce une bonne nouvelle ? – ils se marient plus tôt…

Même chez les personnes normales, cette appréhension impacte la santé physique. Le psychologue américain Mustapha Al’Absi utilise fréquemment dans son laboratoire la parole en public pour simuler le stress, dont il est un spécialiste. Il a notamment montré5M. Al’Absi. Cardiovascular and neuroendocrine adjustment to public speaking and mental arithmetic stressors. que parler devant un public augmentait notablement les secrétions hormonales et l’activité cardio-vasculaire.

Stress, restriction dans les choix professionnels, voire phobie sociale : la peur de parler en public est en passe de devenir un problème de santé publique. Heureusement, elle se soigne. Venez donc rendre visite à l’un de nos clubs Toastmasters.

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